Une école qui nous ressemble

Lors de son Assemblée Générale du 11 et 12 janvier dernier, le STEG UTG a tenu des ateliers de réflexions autour de 4 axes qui devraient nous permettre d’orienter nos activités militantes autour d’une école adaptée à notre territoire . Voici donc ci-dessous

un retour des travaux réalisés

Thème 1 : Comment enseigner les langues de Guyane ?
Les langues régionales sont importantes pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elles sont le reflet de la diversité culturelle et linguistique. Elles permettent aux gens de se connecter avec leurs racines culturelles et de renforcer leurs liens avec leur communauté locale. Deuxièmement, elles servent de véhicule pour le patrimoine vivant. Chaque langue régionale possède un ensemble unique de connaissances et de traditions qui se transmettent de générations en générations. Cependant, malgré leur importance, de nombreuses langues régionales sont en danger d’extinction. Selon l’UNESCO, environ la moitié des 7 000 langues parlées dans le monde sont susceptibles de disparaître au cours du 21ème siècle si rien n’est fait pour les préserver. La préservation des langues régionales est une tâche cruciale. Cela nécessite des efforts à plusieurs niveaux, de l’éducation locale aux pouvoirs publics. L’enseignement des langues régionales à l’école, la promotion de leur utilisation dans les médias et le soutien aux initiatives culturelles locales sont autant de moyens de préserver ces précieuses ressources linguistiques. Le STEG-UTG s’emploie à défendre les enseignants mais veille aussi à la réussite des élèves de notre territoire. L’un des freins à la réussite de nos élèves est la barrière de la langue. En effet, le français est la langue d’enseignement mais n’est pas la langue maternelle de la quasi-totalité des élèves de Guyane. Néanmoins grâce à diverses luttes, nous avons pu obtenir la présence de quelques langues au sein de l’école à travers divers dispositifs notamment celui des Intervenants en langue maternelle (ILM) ou encore des classes bilangues. Malheureusement ces dispositifs sont limités par le nombre d’élèves pris en charges et la situation géographique. Par exemple, certaines écoles font le choix de faire intervenir l’ILM uniquement sur un niveau. De ce fait, très peu d’élèves en bénéficient.
Le STEG-UTG est soucieux d’une meilleure prise en compte de nos langues ainsi que de la réussite de nos élèves c’est pourquoi lors du séminaire du 11 janvier il y a eu un atelier sur l’enseignement des langues régionales. Nous constatons que des expérimentations sont faites mais aucun bilan officiel n’est rendu. Un bilan des classes bilangues de l’académie doit être effectué et divulgué. Cela permettrait de donner plus de crédit à ce dispositif ainsi il pourra être généralisé. Afin de faire ce bilan, il faut mettre en place des évaluations. Pour que nos langues régionales soient plus présentes dans nos écoles, un IEN langues régionales 1er degré doit être nommé. Ce poste sera dédié au déploiement des langues régionales sur le territoire. Ainsi des enseignants seront formés à l’enseignement des langues régionales. Dès la petite section, cet enseignement pourra être mis en place. De ce fait plus de postes devront être ouverts au concours. Le STEG-UTG exige la ratification de la Charte Européenne des langues par la France. Le STEG-UTG prône un enseignement bilangue a parité horaire pour les élèves de Guyane. Dans les programmes l’apprentissage d’une langue régionale doit être obligatoire. Nos langues c’est notre identité et notre patrimoine.

Thème 2 : Quel est le calendrier scolaire idéal pour la Guyane ?
« Avant de vouloir une Guyane connectée, ne faut-il pas d’abord une Guyane bien BRANCHÉE, à ses réalités culturelles, géographiques, climatiques… avant tout ? ». De nombreux territoires français, tels que la Nouvelle Calédonie, la Réunion, et bien d’autres encore, ont fait le choix depuis plusieurs années d’adapter leur calendrier scolaire à leur environnement. Depuis de nombreuses années déjà le STEG-UTG revendique qu’il doit en être de même pour la Guyane dont les enjeux culturels et économiques nous obligent à repenser le modèle unique et hexagonale qu’il nous est imposé. Lors de ses 2 journées d’AG, le STEG-UTG et ses membres ont pris le temps de s’interroger sur la question des futurs calendriers scolaires guyanais et a fait des propositions concrètes pour le territoire. Car le constat est établi par tous les membres ayant participé à cet atelier que nous ne pourrons plus continuer à scolariser nos élèves selon un modèle propre aux régions hexagonales qui ne tiennent pas comptent des spécificités climatiques liées à notre Région. La Guyane, pays équatorial, situé en Amérique de Sud a besoin de trouver sa pleine autonomie sur cette question, comme la Réunion et la Nouvelle Calédonie l’ont acté pour leur territoire, la réussite de leurs élèves et le bien-être de leurs personnels. L’ensemble des membres a néanmoins pensé à une période de transition pour passer de l’ancien calendrier au nouveau. Pour exemple, il sera rajouté une sixième période au calendrier actuel pour atteindre le nouveau calendrier. Les membres présents ont aussi pensé au changement de rythmes scolaires.